12/09/2013

THÉOREME VIVANT de Cédric VILLANI

images?q=tbn:ANd9GcQEzcaJkCUQCgy-9kjY7gIW3-r1NKEZC9QqYNFY2p-f14JWWfbo3gMaths actives

Cédric Villani, ce mathématicien charismatique à la vêture excentrique, raconte trois ans de sa vie (de mars 2008 à février 2011) de chercheur en mathématiques. On a l’impression qu’il est béni des dieux tant il accumule les prix, les bonnes rencontres. Mais on comprend, à la contemplation (plus qu’à la lecture !) d’une page d’équations, qu’il y a derrière ces manifestations d’heureux hasard, un talent scientifique hors du commun, doublé d’une belle capacité de travail, qui l’ont fait accéder au panthéon des mathématiciens en remportant, en 2010, la Médaille Fields, suprême récompense des mathématiciens de moins de 40 ans, et devenir directeur (dès avant l’obtention de son prix) de l’Institut Poincaré à Paris.

Le livre comprend entre autres des échanges des mails, qui brassent périodes de découragement et de joie sans pareille, avec son collaborateur attitré, Clément Mouhot, qui a travaillé sur le même théorème. Les conclusions de cette recherche feront l’objet d’un article de 180 pages paru dans la revue Acta Mathematica.

Villani nous fait part aussi des doutes et sa relativisation des faits qui succèdent rapidement à la joie d’une découverte.

Il cite André Weill à propos du plaisir éprouvé : « Tout mathématicien digne de ce nom a ressenti, même si ce n’est que quelquefois, l’état d’exaltation lucide dans lequel une pensée succède à une autre comme par miracle... Contrairement au plaisir sexuel, ce sentiment peut durer pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. »

L’ouvrage est ponctué, au fil des rencontres (notamment  celles qu’il fait à la prestigieuse IAS de Princeton où sont passés des esprits aussi fameux qu’Einstein, von Neumann, Gödel, Oppenheimer ou Nash) et des évocations, de courts portraits de grands mathématiciens qui, en quelques pages, nous donnent l’essentiel de leurs contributions.

Dans la seconde partie de l’ouvrage, il nous livre une impressionnante playlist, qui est le résultat, comme ses travaux mathématiques, d’une constante recherche de nouvelles perles. Playlist de laquelle ressort surtout son admiration pour la chanteuse Catherine Ribeiro qui est devenue une amie. On trouve aussi le récit d’un rêve, un conte raconté à ses enfants ou un poème, Le Tigre, de William Blake, preuves que tout est bon pour alimenter l’esprit en alerte du scientifique. Cela montre que la recherche est avant tout un état d’esprit qui ne se contente pas de thésauriser des acquis, aussi bien qu'un parcours animé par un but qui s’enrichit en permanence de tout ce que voit, comprend, pressent le chercheur, se nourrissant d’intuitions puisées à toutes les sources, scientifiques et autres... Villani explique par ailleurs que la spécialisation est devenue si pointue que certains chercheurs sont les seuls connaisseurs des matières qu’ils maîtrisent. Il parle aussi du style des mathématiciens.

Un récit de vie allègre, à l’image de Villani, qui nous balade dans les coulisses de la recherche mathématique de haut niveau.  

Éric Allard

Théorème vivant de Cédric Villani (Le Livre de Poche n°33 607), 312 pages, 7 €.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Cédric Villani, un magicien des maths

Dans le cadre de "La science se livre 2013", la Mediathéque Pablo Neruda à Malakoff
propose une rencontre avec Cédric Villani, mathématicien, médaillé Fields 2010 (équivalent du Prix Nobel), professeur à l'Université de Lyon, auteur du récit "Théorème Vivant", paru en 2012.


11:52 Écrit par eric-allard - dans Livres, Mathématiciens | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/11/2011

Des artistes et des mathématiciens à la Fondation Cartier

27583.jpgMathématiques
Un dépaysement soudain à la Fondation Cartier pour l'art contemporain, à Paris

du 21 octobre 2011 au 18 mars 2012

Avec Alain Connes, Jean-Pierre Bourguignon, Cédric Villani, Raymond Depardon, Patti Smith, Takeshi Kitano, David Lynch...

http://fondation.cartier.com/?l=fr

SCIENCES & AVENIR a consacré un excellent hors-série à l'exposition avec une interview des commissaires de l'expo: J.-P. Bourguignon et Michel Cassé, des photos de Depardon, des présentations de mathématiciens vivants, des articles montrant l'actualité des mathématiques dans de nombreux domaines y compris le domaine artistique (les fractales chez Pollock), la musique ou la littérature (l'Oulipo).

http://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/20111006.OBS18...

21:24 Écrit par eric-allard - dans Actualité, Mathématiciens | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/10/2011

ALAN TURING, l'homme qui a inspiré la pomme d'Apple?

41ue69ag5eL._SL500_AA300_.jpgCette biographie dresse le portrait d’Alan Turing, personnage « désinvolte par sa mise » et fantasque mais doué d’un esprit rigoureux et pointu qui sera un des initiateurs de l’intelligence artificielle et de la mathématisation du vivant. Sous l’impulsion d’un condisciple plus âgé dont il tombe amoureux au collège et qui mourra précocement, il consacre bientôt l’essentiel de son temps aux maths et aux sciences.

Pour répondre au problème de la décidabilité des mathématiques reformulé par David Hilbert en 1928 et dans la foulée des prestigieux travaux de Kurt Gödel,  John von Neumann ou d’Erwin Schrödinger, tous mathématiciens qui remettent en cause les fondamentaux des mathématiques, Alan Turing invente une machine : un modèle formel de calculateur que par la suite on appellera la machine de Turing. Il pose ainsi les fondements de l’informatique. « Il affirmait que tout ce qui pouvait être calculé par un homme pouvait également l’être par une machine. » Cela se passe en 1936 en Angleterre, à Cambridge, haut lieu de la pensée mathématique de l’époque, et Alan Turing a 24 ans. Mais son article qui « jetait les bases de l’informatique avant l’invention concrète de l’ordinateur » eut peu d’écho. Hormis auprès de Bertrand Russel et Ludwig Wittgenstein.

 

images?q=tbn:ANd9GcRHMDdDDT--TmnEHrjsqu1hq_0PNrIm5wo_fxPt3w20a6H0Max2RQLa guerre se prépare et Alan Turing deviendra célèbre (longtemps après, car cela demeura un secret dans le cadre de la guerre froide) pour avoir décrypté la machine Enigma de transmission des messages codés des Allemands. Dès 1938, Turing est contacté par les services secrets pour contrecarrer Enigma.  Il y parvient et grâce à lui un nombre incalculable de vies humaines seront épargnées. « La guerre a eu une influence décisive sur Turing, faisant mûrir un certain nombre de ses idées touchant le rapport entre le calcul tel qu’il est défini en logique mathématique, les machines abstraites qui en effectuent les opérations et les machines physiques qui rendent possible cette démarche au moyen de la technologie électronique :  c’est la conjonction de ses trois points qui allait donner naissance à l’informatique", écrit Jean Lassègue.

Pour construire un cerveau électronique, Turing suivit des cours de physiologie et de neurologie. Il y acquiert la certitude de l’importance de la mémoire comme lieu de stockage de l’information et conçoit l’idée de réseau informatique. En 1948, un premier ordinateur digital électronique qui tenait dans un bureau fonctionnait grâce à ses travaux à l’université Manchester. Après avoir travaillé à la conception des premiers ordinateurs, Turing s’intéresse aux formes du vivant, au développement des formes biologiques et fait dans ce domaine aussi office de précurseur. « Son but est de mettre au point une modélisation mathématique d’un certain nombre de phénomènes chimiques rendant compte de la croissance des êtres vivants. » Il découvre que les systèmes mathématiques comme les systèmes vivants tendent à la complexité. Là encore, seul Bertrand Russel percevra l’importance philosophique de son travail. Mais alors, un épisode de sa vie qui n’aurait pu être que fâcheux prit des allures disproportionnées qui le conduiront à sa perte.

images?q=tbn:ANd9GcTQ6YBNsvLXzs21WpBsCyDONEkxZzsbDVvWKrTveNHlZkIOA52VEn 1952, Turing, qui avait rarement caché son homosexualité, fait la rencontre d’un jeune homme, celui-ci se rend complice d’un vol chez le mathématicien ; lors de l’enquête, l’accent sera mis sur la relation entre les deux hommes, un peu à l’instar de ce qui se passa pour Oscar Wilde en son temps. Turing est publiquement discrédité et doit suivre un traitement hormonal censé réduire son appétit sexuel qui aura comme conséquence physique la pousse de ses seins. Mais Turing est davantage touché psychologiquement. En 1954, il se donne la mort en mordant dans une pomme imprégnée de cyanure comme dans son film fétiche, Blanche-Neige. En 1977, une pomme croquée avec drapeau arc-en-ciel sera choisie par Jobs et Wosniak, les fondateurs d’Apple et deviendra l’emblème de la société. En référence à Turing ? Hommage inconscient ? Officiellement, le concepteur artistique dessina une pomme croquée pour associer les mots byte (octet) et bit (mordre). La question reste ouverte mais la relation entre le mathématicien informaticien et la pomme, symbole de la connaissance et de la luxure (au demeurant à l’image de la vie de Turing) demeure troublante.

E.A

ALAN TURING, l'homme qui a croqué la pomme, par Laurent Lemire (Hachette Littératures), 192 pages.

14:44 Écrit par eric-allard - dans Livres, Mathématiciens | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

26/10/2010

Cédric Villani sur France Inter

Une chouette interview de Cédric Villani, récent médaillé Fields français.

http://www.dailymotion.com/video/xemugb_cedric-villani-31...

 

16:35 Écrit par eric-allard - dans Mathématiciens | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/08/2010

Benoît Mandelbrot et les fractales

Benoît Mandelbrot est un mathematicien né en 1924 qui a développé une nouvelle classe d’objets mathématiques : les objets fractals ou fractales (Les Objets fractals : forme, hasard, et dimension, Flammarion,1973).

"Les objets fractals peuvent être envisagés comme des structures gigognes en tout point – et pas seulement en un certain nombre de points, les attracteurs de la structure gigogne classique. Cette conception hologigogne (gigogne en tout point) des fractales implique cette définition tautologique : un objet fractal est un objet dont chaque élément est aussi un objet fractal " (Philippe Boulanger & Alain Cohen)

Des formes fractales approximatives sont observables dans la nature: nuages, flocons de neige, momtagnes, rivieres, choux, vaisseaux sanguins, arbres...

 

Le voici ici (sur Le blog-notes mathématique du coyote) avec des sous-titres disponibles.

http://www.apprendre-en-ligne.net/blog/index.php/2010/08/...

 

A voir aussi sur le sujet >>>

http://www.syti.net/Fractals.html

 

 

15:56 Écrit par eric-allard - dans Mathématiciens | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/12/2009

PYTHAGORE

Pythagore serait né aux environs de 580 avant J.-C. à Samos et serait mort aux environs de 497 avant J.-C., à l'âge de 83 ans.

Voir sur Wikipedia sa communauté, ses études et apports

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pythagore

 

On le connaît surtout pour son théorème.

 

Pythagore en 2'23''.

 

Pythagore sur Maths & Tiques

http://ymonka.free.fr/maths-et-tiques/index.php/histoire-...


11:39 Écrit par eric-allard - dans Mathématiciens | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

THALÈS DE MILET

Thalès (Milet, - 625 env.; - 547 env.) est considéré comme le premier philosophe, scientifique et mathématicien grec.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Thal%C3%A8s

 

Thalès en 1'47''

 

Thalès mesure la pyramide de Chéops (une animation)

 

Thalès sur M@ths et Tiques

http://ymonka.free.fr/maths-et-tiques/index.php/histoire-...

 

 

10:47 Écrit par eric-allard - dans Mathématiciens | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |